jeudi 20 mars 2008

Cacapitalisme

Quand j'y pense, j'ai de la peine. C'est comme si nous étions les arbres d'une foret tropicale, et qu'il fallait se battre pour la lumière. La lumière pour les arbres, c'est la vie ; mais pour nous, qu'est ce que c'est?

Apparemment ça n'est ni l'eau ni la nourriture, ça n'est pas non plus un toit et de quoi se protéger des éléments hostiles, ni le confort élémentaire de l'homme moderne c'est à dire une télévision, un lave linge et un aspirateur. Parce qu'il faudrait une crise économique majeure pour que ces basiques disparaissent.

Ca n’est pas vraiment habile de ma part de démarrer par cet exemple. C’est qu’au départ, j’insinue que dans cette lutte à la lumière, les ressortissants de chaque pays sont responsables des valeurs et des buts qu’on choisit leurs sociétés. Or il est évident que ça n’est pas le cas. Si aujourd’hui nous sommes dans l’ère de la démocratie et du vote, notre part de décision est restreinte à des propositions. Ces propositions naissent, et sont crées pour répondre, paraît-il, a des impératifs (qui tournent autour de la guerre économique), et à une amélioration de notre quotidien. Ce qui est étonnant ou plutôt ce qui m’étonne, c’est que les gens puissent accepter de se voir restreindre leurs libertés à du pré-mâché, et puissent se laisser berner par l’air grave de nos politiciens.

Je sais bien que juger n’est pas facile, car il s’agit de choisir et d’émettre un jugement de valeur en même temps. Or comment choisir, si nous ne pouvons pas sortir de notre propre représentation du monde. Pour juger, il faut au moins pouvoir comparer. Cette impossibilité de sortir de cette simplification de l’existence vient de plusieurs phénomènes, dont je ne ferai pas de liste exhaustive maintenant. C’est qu’ici mon but n’est pas de critiquer les individus, mais la responsabilité des pouvoirs, et humaines en tant qu’espèce.

Le principal responsable peut-être, est la télévision, qui est mon dieu, parce qu’à toute heure c’est le son rassurant du ronron du monde, le bruit de la fourmilière et je sais que c’est une vérité ; que je sois la ou non, il ne s’arrêtera pas. C’est ainsi que je rythme ma vie, et que se forme l’image que j’ai du monde. Un univers qui s’arrête confortablement aux frontières humaines, et qui oublie les nombreux mystères que propose l’existence, donnant à l’avance des valeurs et exemples type, qui répondent aux questionnements humains. Evidemment, seule n’est pas en cause la télévision. Les choix éducatifs, et l’ensemble des autres médias s’ajoute à ce qu’on pourrait appeler propagande.

Si propagande il y a, c’est que derrière se cache un but et donc des valeurs (ou l’absence de valeur, ce qui dans un sens est la même chose, puisque c’est la volonté de puissance et donc de dominer qui surgit du nihilisme. Or si la domination ne peut pas être une valeur, elle peut être au moins une règle, et donc un but.). Le fait est qu’il est difficile de savoir si à l’intérieur de notre système capitaliste, se cache un but autre que l’expansion économique et de l’éternel jeu de dominé/dominant très divertissant je l’admets mais parfaitement idiot, puisque non seulement il suscite une incroyable quantité d’énergie, mais parce qu’il ne mène nulle part. Il semble à ce sujet décevant de penser, que la propagande en question n’ait pas d’objectifs grandioses, mais l’idée simple de régir le monde de façon à faire le plus de profit possible. Argent étant synonyme de pouvoir, il s’agit donc de régner. Je pense à Aldous Huxley ou à George Orwell et à leurs romans d’anticipations et je dois admettre que leurs scénarios restent incroyablement pertinents aujourd’hui.

Quelle est le réel but de ce message ? Simplement de dénoncer un système qui ne nous laisse que le choix d’une vie individuelle. Individuelle puisque sans sens. Il n’y aura jamais de vraie solidarité tant que nous serons dans une optique de plaisir personnel. Et je ne vois pas comment combattre l’individualisme dans notre situation actuelle. Il s’agirait de demander aux gens de croire en des valeurs qui ne reposent sur rien. Des coquilles creuses. Nous voilà face au monde absurde dont parle Camus, et aux solutions de notre époque. L’abandon de tout espoir d’immortalité et donc d’espoir (Dieu est mort). Pourquoi alors penser plus haut que son propre plaisir ? Pourquoi aller au-delà de sa propre vie ? Je ne le sais pas moi-même, je ne peux que constater la décadence et les paradoxes dans lesquelles nous sommes tombés.

mardi 11 mars 2008

24 heures a Bundaberg

Il est Jeudi 21 fevrier et je vais me coucher. J'ai trop mange et je sais qu'il va etre difficile de dormir. Il me reste pourtant 6 heures de sommeil. A 3h55am, les trois allemands se leveront pour partir travailler et me reveilleront. 20 minutes plus tard mon reveil sonnera.

Je dors mal. Je sue, je bouge sans arret pour trouver un coin sec. Mon lit est trop petit. J'ai soif, je me leve et bois d'un trait les deux litres que j'ai du perdre dans les draps. J'ouvre la porte pour fumer une cigarette et une brise chaude me leche le visage. La nuit est belle et silencieuse. J'allume ma clope et je me decontracte en regardant la lune, ronde et lumineuse. Je suis en paix pendant quelques minutes, mais il faut retourner se coucher. Mon lit est trempe, je sais que je ne dormirai pas.

5h15, le bus demarre. Je me suis cache sous ma casquette, le casque sur les oreilles et j'ecoute pour la énième fois High Hopes des Pink Floyd. Le ciel comme toujours est impressionnant. Des convois de petits nuages, et des mastodontes immenses aux formes etranges. Un air de fin du monde, ou de renaissance. Le soleil se leve et l'ensemble est indescriptible. Noir, gris, blanc et puis bleu et orange. Le chauffeur est dingue, il fonce comme d'habitude et aucun de nous n'est attache. Je m'en fous, je regarde le paysage defile, et encore une fois je ressens cette agreable sensation d'etre bien loin de chez moi. La terre rouge et les arbres fous entourent la route ; des champs sur ma droite, a perte de vue, a gauche une jungle semi-tropicale ou se cachent quelques kangourous. La route est pourrie, moitie piste et moitie terre, je jette un œil sur le compteur ; 120 km/h. Ah ouais quand meme. 3/4 d'heures plus tard, je suis completement paumé. Je me demande comment il peut savoir ou il va ; et pourtant on finit par arriver. On s'engage dans un petit chemin que longe un champ immense. Il a beaucoup plut ces derniers jours, et la terre qui semble seche, n'est qu'une grosse eponge. Elle cede sous nos roues et on s'embourbe. Tout le monde descend et il faut pousser, creuser et poser des planches. 20 minutes plus tard je prends place sur la remorque du tracteur, pres a depenser 9 heures de mon temps a planter des citrouilles. Journee facile aujourd'hui, premiere fois en deux mois que je travaille assis.

16h00, on est couche sur la route, a l'ombre d'un grand arbre. On joue au juste a l'heure, un jeu debile ou il faut deviner l'heure ou le bus arrivera. Je gagne cette fois, le bus arrive 7 minutes avant ma prevision ; 16h41. Je m'endors, on fait des detours pour aller chercher d'autres backpackers travaillant dans une autre ferme, on roule, on arrive, il est 18 heures.

Je suis creve et affame ; je me fais mon plat prefere, noodles et œufs avec une tonne de fromage. Et je m'affale sur un vieux divan defonce, le ventre plein et matte un film en anglais et suis content de comprendre sans sous titre. Je suis fatigue. J'attend juste que le nouveau planning de boulot soit affiche et puis je vais au lit. Il va faire chaud demain, et ils vont probablement nous faire bosser tres tot. Ah, non, apres avoir jeter un œil sur la feuille, j'apprend que je ne bosse pas du tout, et ca me fait chier, et en meme temps j'entends une petite voix bien profondement enfouie qui murmure "yekyekyek". Du coup, et malgre ma fatigue j'accompagne deux copains pour aller boire une biere au pub local. C'est glauque mais c'est divertissant.

Ce soir justement, c'est soiree karaoke, c'est marque sur le panneau. J'apprends en meme temps que c'est carnaval, en croisant une flic gothique, un indien obese, un homo pd et d'autres aux deguisements indefini. Apres deux bieres, avec la fatigue, je suis deja affecte par l'alcool, et je regarde ces gens avec une acuite particuliere. Bundaberg est une ville de pauvres fermiers incultes et grossiers, qui ressemble en tout point aux petites villes perdues des Etats-Unis. On les sent depasser ces pauvres gens, vivant a fond le pathetique de leur vie inutile. Habituellement, confronte a ce genre de situation, je reagis par le mepris ou par la compassion. Ce soir je m'apitoie ; je suis eux. Je vois ce gros bonhomme en chemise blanche, les cheveux rase pour cache sa calvitie, qui danse, une canette a la main, qu'il engloutie pour effacer les doutes, pour se gorger de se sentiment puissant qu'il ressent mais qu'il sent gras, et je le vois sourire et s'effacer, d'un geste un peu trop prononcer pour etre reellement sincere, devant une fille, et je sais que dans 1 heure il sera agressif. Il y a cette grosse, presque desirable, a moitie couche sur la table, son verre a moitie plein a sa gauche ; elle s'est deguise en presque-princesse et elle me touche avec son air de jeune fille brisee. J'imagine son espoir minable, lorsqu'elle s'est habillee, et sa tristesse m'engloutie. Ils sont tous laids ; physique ridicule, gauche et sans talent, surtout cette petasse, la plus belle, qui hurle dans le micro et qui me casse les oreilles. Elle a un truc en plus, elle sait ; et elle existe sur leur peine. Ils sont laids, tous, mais ils sont beaux aussi, et je souris parce que tout ce qu'ils ressentent, et leur miserable cirque, me renvoie a moi. Ce sont mes freres. Un petit billard avec un aborigène ventru, une longue discussion avec mon pote chilien, quelques bieres et il est deja 1 heure. Je suis epuise. Je rentre et m'endors instantanement.

samedi 2 février 2008

JproUik

Tres chers telespectateurs bonjour, en direct d'Australie notre reporter sans frontiere Pierre Grevin, grand taventurier et tres experimente nous envoie son dernier shoot.

L'Australie est un pays magnifique, immense, avec des paysages qui renversent. La faune est incontestablement incroyable, par sa diversite et l'etrangete des especes qui s'y trouvent. Koalas, kangourous, paresseux, dingos, oppossum, et puis des centaines d'autres creatures qu'on ne connait pas en Europe et qui laissent reveur sur l'etrangete de notre monde - je parle de centaines, mais c'est oublier les insectes. En se trainant en Australie, c'est un spectacle varie(r) et pourtant toujours aussi transcendant qui s'offre a nous : montagne et crevasse rouge et aride en plein desert, riviere sinueuse traversant une jungle humide et vivante, rochers dechires par le puissant ocean, plage blanche aux confins d'une petite crique a l'eau turquoise et transparente et tant d'autres choses qu'il n'est pas si facile de decrire, puisque soudainement, tout cette realite devient autre chose qu'un decor dont nous serions les acteurs. On est tente de faire partie du tout, d'un retour aux sources pour ainsi dire, ou la nature avait encore toute sa profondeur et ainsi le monde.

Evidement, l'Australie n'est pas que nature, et il y aussi les hommes et les villes ; et de ce cote c'est plutot decevant, puisque la culture Australienne n'est rien d'autre qu'une pure copie de ce qu'on connait aux Etats-Unis (et dans la majeur partie des pays anglosaxons). C'est donc a ce niveau un pays sans nouveaute, si ce n'est qu'il est sauve par son incroyable pouvoir d'attraction qui le peuple continuellement de jeunes en quete d'aventures et de nouveautes, qui se regroupent dans des auberges de jeunesses. Un lieu de rencontre et de jolies histoires donc, mais en autarcie, avec peu de contact avec la population australienne, si ce n'est dans des activites ou creer des liens est difficile ; bars surbondees, discotheques et autres endroits ou les relations restent superficiels.

Je suis donc a la fois renverse et decu, emu devant cette nature encore sauvage dont on peut toujours sentir l'ame epaisse, emotion pourtant fugitive car je regarde le coeur de la foret et puis derriere moi, en beton et en fer, un sentier pour pelerins fanatiques qui me ramene au musee, contemplant seulement cette image plate maintenant, d'une nature mise en cage.

Je lisais une fois, dans un lieu de culture a Brisbane, quelques documents sur l'environement, ou les chiffres etaient plus qu'effrayant, et quelques conseils sur des attitudes a prendre pour preserver notre flore. Ce qui etait inquietant, c'est les raisons qu'ils donnaient pour tenter de convaincre le public ; la nature, c'est le tourisme, sans tourisme, notre economie s'en va a mal. Donc preserver la nature, si vous voulez un travail.
C'est quelque chose qui est si inanodin, j'entends, si plein de consequences, revelateur des directions que choisissent pour nous les puissances etatiques que j'en frissonne ; je jette alors un regarde suspicieux a ces hommes en cravates, dont j'ai l'impression qu'ils voudraient un monde en 2D.

Malgre tout, il est possible de sortir des sentiers battues. La majeur partie de la population couvre la cote Est, et ainsi les attractions touristiques qui drainent l'immense majorite des voyageurs qui malheureusement, tres souvent par manque de budjet ou d'idees, n'ont pas d'autres choix que de se rabattre sur le premache : les agences et les "packs vacances".

Beaucoup moins populaire, la cote Ouest est pourtant pleine de promesses. C'est un autre visage de l'Australie, avec une infinite de choses a decouvrir, avec probablement une dimension autre, sur le plan humain. Sur ce sujet, je ne serai trop m'etendre toutefois, puisque je n'y ai pas encore mis les pieds.


Voila, une peinture un peu incomplete de ce cher beau pays, mais comme dirait mon grand oncle, un peu de couleur pour prendre la temperateure.

Aller bye.

dimanche 20 janvier 2008

Boune da berk !

On est Lundi 21 janvier 2008 et il est 4h48.

Je suis toujours a Bundaberg et c’est la fin de mon sejour ici, non pas que je sois assez riche pour m’autoriser un voyage puisque je viens de craquer et de m’acheter un ipod et un super casque (la musique ca change une vie), mais parce que c’est une periode charniere et depuis 1 semaine deja le travail se fait rare. Il faudra attendre le mois de Mars pour qu’ici on puisse a nouveau s’enrichir.

En meme temps Bundaberg est un petit bled peaume au milieu de champs et de paysans ou on peut dire sans trop exagerer qu’on se fait rapidement chier ; on y trouve un bar ou deux, une boite moisie, quelques cybercafes prehistoriques, le supermache et puis enfin le mac do. Voila pour les activites culturelles. Pour le reste, il y a notre auberge, ou l’essentiel de la population est asiatique et ou l’on passe le plus clair de son temps, et heureusement il y a une salle tele avec pas mal de films a disposition, c’est toujours un moyen d’ameliorer son anglais.

Depuis 1 semaine donc, je n’ai bosse que deux jours, et je dois me confesser, je me fais chier a mourir ; plus rien a lire, meme pas le derriere de mon paquet de corn flakes que je connais par coeur. Les gens ici sont tres gentils, mais les correns ne parlent pas anglais et puis les autres sont un peu trop naturel, c’est a dire que leur rire brutal surprend a faire peur la premiere fois, et que les blagues pipi caca c’est rigolo mais voila. En gros j’ai parfois la sensation d’etre un genie, en 6 semaines dans cet enfer on a le temps d’oublier le reste du monde (serieux parfois j’ai des doutes, vous existez vraiment?), et c’est agreable mais d’etre un genie tout seul ca sert a rien.

Donc voila, je me suis assez teste comme ca, et je me barre. Je me suis donc leve ce matin avec l’idee de partir vers Cairns, petite ville encore plus au nord. Le soucis, c’est qu’apres un petit detour sur le net pour me renseigner sur la meteo m’a fais dechanter : pluie et orage pour les deux semaines qui viennent ; et oui, c’est la saison des pluies la haut. J’irai patauger avec les crocodiles plus tards. Je pars donc pour le Sud, Brisbane a priori, peut etre Melbourne, peut etre les trois, je verrai ca demain.

J’hesite a m’acheter un apppareil photo, j’ai bien envie de jouer au reporter, mais c’est qu’il me faudrait un portable aussi pour rediger et stocker le tout, et tout cet investissement c’est une croix sur quelques jolies aventures. Je commence a me rendre compte que mon sejour ici risque d’etre un peu trop bref vu le temps que ca prend d’economiser 1500$, et la vitesse ou ca se depense. Il y a donc des choix a faire, j’y pense et ca se decidera probablement sur les evenements qui se passeront plus tard, don’t je n’ai pas vraiment le controle puisque j’improvise constamment.

Je vous tiens au courant,

Bisous



ps : je ne m'excuse plus pour vous savez quoi

vendredi 21 décembre 2007

Ahhhh.. L'Australie!!

Je suis l'homme absurde qui travaille dans les champs australiens. Ecrase par la chaleur, tout au long du jour je repete le meme geste ; qu'aucune passion ne transporte, desinvesti par l'ame.
Je suis un homme absurde, qui erre sous le soleil d'Australie. Sous son reigne despotique, mon coeur fond et l'espoir s'evapore. Ses champs sont un desert ou l'horizon n'est plus qu'illusion. Je suis un homme absurde.. ou le courage n'est plus qu'hebetude. Et bientot les rayons ne blessent plus, il est deja trop tard ; sous la chaire abimee, est apparu un coeur mecanique, sans ardeur. Je suis l'homme absurde qui travaille dans les deserts brulants australiens, qui font de moi un sang froid.



Si Stavroguine croit, il ne croit pas qu'il croie. S'il ne croit pas, il ne croit pas qu'il ne croie pas.

Bien le bonjour!

Si je n'ai pas poste pendant un bon moment, c'est tout simplement que depuis ma derniere visite je n'ai pas eu d'acces internet.

Le lundi 2 decembre au soir, j'ai donc enfin quitte Sydney pour un periple d'une petite semaine sur la cote est, en direction de Byron Bay. La premiere nuit, on est pas alle bien loin. 200 kilometres peut-etre avant de s'arreter aux environs de Newcastle. Puis on a quitte la route principale pour aller un peu dans l'outback ; voir si pouvait appercevoir quelques kangourous ou creatures etranges. Toute la journee, on a roule, un peu au hasard, choisissant des routes selons leurs attraits et l'humeur du moment. L'Australie il faut le dire a le merite d'avoir un paysage qui fascine. Tout parait infini ; les arbres immensent, la foret qui borde la route et la plonge dans l'ombre ; le ciel mysterieux, qui ne semble pas avoir de fin, ce que je ne m'explique toujours pas puisqu'enfin on a le meme en France ; les horizons, elles aussi repoussees jusqu'a ce que nos regards s'y perdent. Est ce le delire de nos imaginations? Je prefere me dire qu'ici tout est plus grand, et que l'homme prend ici a juste titre la mesure de ce qu'il est ; vertige, reminiscence d'un passe ou le monde n'etait pas encore a l'image de l'homme ; ou la nature s'appartenait encore. Le temps des mythes et puis des dieux.

Notre journee dans l'outback s'est terminee sur la cote est, pas tres loin d'une petite ville nommee Kempsey. Retour parmi les touristes ; ondes negatives qui nous ont fait vite fuir. On a tourne pendant un moment sur les routes d'une foret, sans oser trop s'aventurer dans les petits chemins dont on ne savait si on pourrait en sortir, pour finalement decourager, s'arreter au milieu d'un essaim d'insectes, un million de bestioles ressemblant plus ou moins a des libellules ; grosses et bruyantes. On essayait de manger au milieu de ce boucan quand de nulle part, une locale et une brouette sont arrives avec un grand sourir, pour nous conseiller un endroit magique dit-elle, et pas tres loin. On s'est donc engage dans la foret, sur un chemin chaotique, mais sur d'arriver quelque part.

Apres quelques dizaines de minutes, c'est une petite clairiere au milieu de la jungle qui nous a decide. On a plante la tente, prepare le campement puis on est parti a l'aventure avant que le soleil ne se couche. Je dois dire la verite, on etait surexcite et legerement inquiet. Des bruits etranges raisonnaient autour de nous, et l'idee de se retrouver nez a nez avec une grosse araignee ou un serpent visqueux ne nous etait pas completement etrangere. Au bout d'un petit quart d'heure de marche, oh surprise, c'est l'ocean qui se fit entendre.

S'il n'etait pas vraiment facile d'acceder a la plage - surtout que con de citadins, on etait en claquette -, je crois qu'on peut dire que l'effort fut recompense. Elle etait immense, blanche et sauvage. Entouree d'une jungle verdoyante et vivante. Le sable n'avait pas du etre foule depuis longtemps parce qu'il etait n'y avait pas d'autres traces que celles des crabes et de quelques kangourous qui avaient du festoyer la nuit precedente. Un petit paradis comme on en voit souvent a la tele. Dommage d'ailleurs, ca nous aura probablement gache un peu de notre plaisir.

On est vite alle chercher nos surfs et puis de quoi s'abreuver, et on a passe la soiree a poil (jusqu'a ce qu'on soit envahi par les moustiques) a se baigner et puis finalement a discuter de choses profondes. Dans se genre d'endroit, c'est difficile de parler pour ne rien dire.

Le lendemain, j'etais reveille en premier et je me suis dis qu'une petite marche ne me ferait pas de mal parce que j'avais un peu mal au crane. J'avais trouve un sentier acceuillant et je m'y promenais tranquillement, quant a un detour du sentier je me retrouvais face a face avec un gros et grand kangourou. Debout, les oreilles dresses, a 5 metres de moi peut-etre. Incroyable! Je restais immobile, ne sachant a vrai dire absolument pas si cette creature pouvait ou non m'attaquer ; ce qu'il ne fit pas, meme quand j'essayai de l'approcher en sautant pour lui faire croire qu'on etait de la meme espece. Perspicace le kangourou, il a dessuite compris que j'essayai de le feinter et il s'est barre dans les fourres.

Dans l'apres-midi, on est reparti bien decide cette fois a atteindre notre destination finale : Byron Bay. Ce qu'on ne fit pas. C'est que sur le trajet, il y avait cette autre plage. Pas vraiment sauvage, mais avec des vagues immenses, 2-3 metres, ce qui est enorme. Moi, le noob de bondi beach avec mes vagues de 1 metre a tout casse, j'ai compris ma douleur, et ma frayeur. Quand tu es couche sur ta planche, une vague de 3 metres ca donne un peu l'impression qu'un immeuble va te tomber sur le crane. On se sent vraiment minuscule. Surtout que je suis tombe pas mal de fois. Et quand ca arrive, tu bois, et tu pries de ne pas te manger la planche dans la tete.

Apres 2 heures de surf on etait epuise. on a dormi sur le parking pour enfin, arriver a Byron Bay. Que dire de cette petite ville. Rien, vous connaissez ; station balneaire pour touristes qui n'a d'autres attraits que son paysage exotique. Magasins, claquettes et anglosaxones grasses et vaines ; bars, boites, ou les gens desoeuvres se rendent, guides par l'espoir d'une possible relation sexuelle. Et meme pas possible dans cette cite decadante de gouter aux plaisirs de la decheance ; tout ferme a deux heures, tout est sous controle ; a gerber ce petit paradis artificiel pour presque-humain.

Je n'ai donc pas fait long feu. Mes deux comperes se sont installes dans un camping, moi dans un backpaker et entoure de tous ces gens, je me sentais bien seul. La n'etait pas mon seul soucis ; avec le voyage j'etais a sec. Je dois dire que ma situation financiere devenait plus que critique, c'est a dire qu'il me restait 150$ ou 100euros.

J'ai passe quelques coups de fils, et je me suis trouve un bus pour l'endroit ou je suis maintenant ; Bundaberg. Une ville encore plus au nord, entouree d'exploitations agricoles.


***

Apres avoir paye le billet de bus et atteri dans un backpaker pourri, il ne me restait plus que 5$ et toujours pas de boulot en vue. Je commencais a me dire que j'allais finir par dessecher dans un fosse sur le bord de la route, quand on m'apprit qu'il y avait un super backpaker ou on pouvait bosser 7 jours sur 7 aux abords de la ville. J'y allais a pied avec mon gros sac et tout l'espoir du monde, et cette fois la chance fut avec moi. Apres une discussion animee avec le gerant - pas facile a attendrir les locaux :D - , j'avais un toit et un boulot le lendemain. Manquait plus qu'un peu de manger et j'aurai ete content. Pendant les 11 jours ou j'ai bosse sans repos, je me suis nourri de noodles et d'eau tiede, et puis de quelques trucs que je chippais a mes voisins de temps en temps ; qu'est ce que vous voulez, les temps sont durs ^_^

Apres ces 11 jours qui me parurent plus long qu'une vie, me voila a nouveau sur les rails. Le patron qui voulait etre paye m'a file des bons boulots -les plus durs- et j'ai deja gagne ce que j'avais quand je suis arrive ici. Moins les 2 semaines que je devais et celle qui vient - 450$. L'enfer pour moi n'est pas fini, je pense rester dans ce backpacker - qu'ici on surnomme "le goulag", et pas simplement parce qu'ici il n'y a que des coreens, mais parce que tous les jours on en bave, qu'on souffre et qu'on a legerement l'impression d'etre des pompes a frics - jusqu'en fevrier, ou en tout cas lorsque j'aurai au moins 3 ou 4000$ sur mon compte.

Voila plus ou moins le recit de mes aventures et la raison de mon silence ; et non je ne suis pas mort mais finalement c'est par chance. J'ai bien d'autre choses a raconter mais qui sont d'un autre registre. On verra ca plus tard.

Bisous!

dimanche 2 décembre 2007

Lundi 3 decembre



Alors voila comme promis quelques photos.. Je dis bien quelques parce que je n'ai pas encore trouver le moyen de foutre les photos de mon portable sur l'ordi.

Voila Sam donc, qui est ma prof d'anglais officielle de Sydney, une nana ultra sympa que je quitte malheureusement vu que je pars aujourd'hui pour Bayron Bay.

Ces derniers jours, j'ai eu une vie mouvemente. Apres mon dernier message, j'ai arrete comme je l'ai dit de payer le backpacker, en me disant qu'il faisait assez bon pour aller dormir dehors, pres de l'ocean, sur quelques rochers acceuillant. J'ai en fait ete contraint de rentrer en plein milieu de la nuit parce qu'il s'est mit a pleuvoir a torrent (de tte facon j'arrivais pas a dormir).
Je me suis donc cale dans la salle tele, en esperant trouver un peu de repos mais rien a faire, chaque fois que je commencais a m'endormir, des cons d'allemands s'amusaient e m'envoyer des poufs dans la gueule.. J'ai donc decider d'aller manger un morceau (deja 6heures), et c'est dans la cuisine que j'ai rencontre mon sauveur. Un francais cool qui allait bosser m'a filer son pieu.
J'ai finalement decider de reprendre une chambre.

Le lendemain j'ai rencontre deux espagnols ultra cool qui voulaient acheter une caisse et se barrer dans le nord. J'ai sympathise avec eux et me voila parti pour quelques journees de road trip et camping jusqu'a bayron bay.

Samedi soir je suis sorti jusque tres tard, et vu que j'avais peu dormi la nuit d'avant, j'avais decider de pas me lever avant tres tard le dimanche. Vers 16 heures, kobi m'appelle et me demande si je veux bosser.. J'accepte evidement, et je me retrouve entrain d'aider a l'organisation d'une private party d'un bar tendance. Donc pendant 2-3 heures, on decore avec des bouts d'aluminium, on empaquette quelques cadeaux, puis ; jusqu'a une heure du mat mon role etait de m'occuper des poubelles. Je n'avais donc STRICTEMENT rien a faire, 3 voyages en tout, et j'ai donc fait la fete avec tout le monde.

Il faut imaginer des serveuses adorablement mignone qui s'approche en te demandant si tu veux une coupe de champagne ou un cocktails, tout a volonte, que ce soit alcool ou petits mets delicats.
J'ai donc touche 150 dollards pour faire la fete, ce qui met de bonne humeur.

La je suis dans un centre commercial, les pcs sont au milieu du hall ce qui explique mon style decousu. La fatigue et l'excitation en prime.

Je vous laisse ; hier j'avais une idee qui me trotait dans la tete : peux t on jouir seul? Je vous donnerai mon avis la prochaine fois, je suis pas vraiment en etat de reflechir xD

BISOUS