jeudi 18 décembre 2008

trompé

j'écrirai la suite (inch'allah)

Il fait nuit. Je marche sur les trottoirs humides et la bruine me fait du bien. J’entre dans un café avec un espoir fragile que je ne discerne pas. La musique est forte et l’atmosphère chaude et liquide. Pour le moment je suis seul, les gens autours s’agitent dans un autre espace temps et je me fais l’effet d’un chevalier sombre errant dans les coulisses du réel avec gravé sur son air le sceau de celui qui voit ; mais qui ne peut pas être vu. C’est que je n’ai pas mis mon masque et que je n’ai pas de visage. Les hommes n’en n’ont pas. Je me dirige vers le comptoir et commande un whisky en matant la serveuse. Elle sait que je suis là et me sert mais son regard me traverse et me dénie ; je n’existe pas. Pas encore. Le liquide me réchauffe et je commence à me fondre dans le décor. Les altérations de l’espace temps se font moindre et je sors de ma poche un gros bout de peau que je colle sur ma tronche. C’est ma gueule des bons jours. Je viens d’apparaître et je lui jette un regard insolent ; elle me sourit et cette victoire soudaine me surprend. Il faut que j’aille aux chiottes m’enfiler quelques rails de coke. Je me fais deux grosses traces que je sniffe coup sur coup. Avec toute cette poudre dans le nez, mon masque tiendra 3 bonnes heures. Je le sens bien accroché et je retourne vers ma proie. Maintenant je me sens implanté ; le décor à toutes les apparences du vrai et je reconnais des gens avec qui j’échange des banalités. Ce qui est dit n’est pas important et je me concentre sur l’énergie que je dégage. Les femmes sont belles ici ; J’aborde une blonde aux longues jambes et ses yeux bleus de fausse innocente m’émeuvent. Je discute un moment avec elle et la met à l’aise. Elle ne flaire rien du gouffre qui nous sépare et elle me prend comme un élément solide du décor. J’ai besoin d’aimer. Mon cœur saignant boulimique est affamé. Je danse avec elle et mes mains glissent sur son corps. Elle porte une robe simple en coton noire qui met en valeur la blancheur de sa peau et découvre ses jambes. J’ai envie de la baiser, et elle sent ma bite contre son ventre. Je la regarde en souriant et une étincelle animale transparaît sur mon masque. Je prend sa main et l’entraîne dans les toilettes et elle ne résiste pas. Avec l’excitation ma colère et ma tristesse ressurgissent et me rendent puissant. Elle est à moi, et dans les chiottes je l’aime passionnément. Pendant qu’on baise, je m’oublie un moment et nous ne sommes plus que deux corps unis à nouveau hors du temps. Mais je ne suis plus seul et le décor absurde de tout à l’heure n’est plus qu’un ronron heureux. Je jouis en elle et mon désir lui appartient. Elle me jette un regard doux et un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Elle me caresse le visage je crois pour me remercier de mon cadeau.

Dehors l’air est froid et la sueur à du mal à sécher. Je frissonne et je repense à cette fille. J’étais venu dans ce bar avec une tristesse profonde et j’en ressors lavé. Je sais que mon ego taillé ne guérira pas, mais la blessure ne m’intéresse plus. Ma colère est tombée et je m’aperçois même que je souris.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il y a de belles phrases, comme : "Elle ne flaire rien du gouffre qui nous sépare et elle me prend comme un élément solide du décor."
Cela dit je ne comprends pas tout, c'est très "private" comme écriture, mon cher Guillaume (Depardieu).
Tu me fais un peu peur, à vrai dire. Que reste-t-il de l'enfant que j'ai connu?

Zion a dit…

Pourquoi ce serait "private"? C'est une fiction.

Je sais que d'errer dans l'étrange ça fait un peu peur :) Mais la vie l'est, c'est juste qu'il faut arrêter de s'y habituer.

Bisous clo

ps : je suis toujours un enfant!